

About Us
Marie-Antoinette Micheli témoigne son vécu dans sa biographie et souhaite pouvoir mettre en synergie les personnes de toutes orientations possibles, qui ont un intérêt à comprendre ce que traverse des personnes en situation de trauma.
Elle a pu effectuer une récupération post traumatique complète suite à un traumatisme crânien subi à l'âge de 11 ans.
​
Marie-Antoinette oeuvre sur le plan institutionnel pour promouvoir une agriculture durable en Suisse et en Europe afin de régénérer les écosystèmes détruits.
​
Article dans le Tribune de Genève. 23 février 2023
Marie-Antoinette Micheli et la Force du Vivant
Tombée dans le coma lorsqu’elle avait 11 ans, la Genevoise a vécu une expérience de mort imminente. Elle raconte son parcours dans un livre paru n 2022.
Henri Neerman
La Genevoise, qui a mis plus de quinze ans à se remettre du traumatisme physique et psychologique, a suivi une formation pour devenir pilote.
​
À mi-chemin entre la science et la spiritualité, les expériences de mort imminentes sont un phénomène avéré, qui continue pourtant d’interroger la communauté scientifique à travers le monde. Marie-Antoinette Micheli, une Genevoise de 38 ans, en a vécu une après être tombée dans le coma à l’âge de 11 ans.
Aujourd’hui lobbyiste pour la biodiversité auprès des institutions européennes, cette épreuve l’a profondément marquée dans son parcours et sa relation au monde, qu’elle relate dans un livre paru fin 2022, intitulé «La Force du Vivant».
​
C’est dans une magnifique demeure satignote édifiée au XVIIe siècle et inscrite au patrimoine architectural de la commune que Marie-Antoinette nous accueille. Bien que la maison, qui était une quasi-ruine au moment de son rachat, soit encore en pleins travaux de rénovation, celle qui l’habite désormais avec son mari et leurs trois enfants ne manque pas d’ambition: «Vu l’espace à disposition, nous tenons à en faire un lieu pour tous. Nous aimerions y installer un jardin de permaculture, y organiser toutes sortes d’événements et, évidemment, permettre à tous les enfants de venir jouer dans le grand jardin», sourit notre interlocutrice.
Basculement
​
L’auteure décrit le début de son enfance comme idéal, partagé entre l’école, où tout se passe à merveille, sa famille, ses amis, et la nature, qu’elle décrit comme son «terrain de jeux préféré». Le lien privilégié qu’elle entretient avec cette dernière sera d’ailleurs un des fils rouges de son parcours. Elle est également passionnée d’équitation, sport qu’elle pratique depuis sa petite enfance.
Et c’est à cause de cette discipline que sa vie bascule à l’âge de 11 ans. Lors d’une séance de saut d’obstacles, sa monture chute. Elle avec. Écrasée par le poids de l’animal, la jeune cavalière subit une double fracture du crâne, accompagnée de plusieurs hématomes cérébraux. Tombée instantanément dans le coma, elle de- meure dans cet état pendant deux semaines. Deux semaines qui chambouleront l’existence parfaite qu’elle menait jusqu’alors.
Elle n’est plus dans son corps
​
Quand elle revient à elle, Marie-Antoinette n’est plus dans son corps. Elle l’observe de l’extérieur; il gît, inconscient au milieu du manège. S’ensuit alors une épreuve qui, de son point de vue, durera bien plus de deux semaines. Couramment appelés «expériences de mort imminente» (EMI), ces récits, dont les causes peinent encore à faire consensus au sein du monde scientifique, sont relativement courants parmi les personnes ayant frôlé la mort cérébrale.
«J’ai eu l’impression de rester dans cet entre- deux mondes pendant des décennies, voire des siècles. J’ai eu l’étrange sensation d’explorer mes vies antérieures et futures, de rencontrer des gens décédés ou pas encore nés, dont mes trois enfants.»
​
Cette expérience, lorsque la Genevoise nous en parle, est difficile à comprendre et à se représenter pour qui ne l’a pas vécue: «J’ai eu l’impression de rester dans cet entre-deux mondes pendant des décennies, voire des siècles, explique-t-elle. J’ai eu l’étrange sensation d’explorer mes vies antérieures et futures, de rencontrer des gens décédés ou pas encore nés, dont mes trois enfants.»
Après avoir effectué le choix cornélien de «revenir au monde physique», commence alors pour elle un long chemin de croix. En effet, en plus des séquelles physiques – elle est sortie du coma paralysée du côté gauche – elle est également atteinte psychologiquement. «C’est comme si je n’étais plus connectée à moi-même. À l’instar de beaucoup de gens qui vivent des choses similaires, j’avais un état de conscience déplacé», détaille-t-elle.
​
Engagement pour la biodiversité
Heureusement, après de longues années de diverses thérapies, les choses s’amé- liorent. Un master en sciences de la durabilité et changements globaux à l’Université de Fribourg plus tard, elle s’engage auprès des institutions européennes avec l’ONG Pollinis, qui lutte contre la disparition des abeilles. Au centre de sa démarche, la sur-utilisation des pesticides de synthèses, responsables de la destruction de nombreux écosystèmes.
«Je pense que ce que j’ai vécu pendant mon enfance m’a aidé à comprendre que nous ne sommes pas à part de la nature qui nous entoure. Nous ne faisons qu’un avec elle. C’est pourquoi nous nous devons de la respecter et d’en prendre soin», argumente-t-elle.
​
En mettant en parallèle d’une part le combat pour la santé de son propre corps, et d’autre part celui pour la santé de la planète, l’auteure cherche à faire passer un double message. «En plus de raconter mon histoire personnelle et la résilience dont j’ai dû faire preuve pour surmonter ce traumatisme, je cherche à faire comprendre aux prochaines générations que rien n’est perdu quant aux mêmes traumatismes que subit notre planète actuellement, conclut-elle. En effet, malgré tout, je reste résolument optimiste. Il s’agit d’un message d’espoir.»
